Dans son ouvrage Le Goût de Cotonou, la cheffe Georgiana Viou nous transporte dans l'univers de la cuisine béninoise, parmi les plus riches d'Afrique. Au menu : Ata, Dja, Andou et Apkan glacé, de quoi régaler les papilles et faire voyager.
Béninoise par ses origines et marseillaise de cœur, Georgiana Viou, finaliste de « Masterchef » en 2010, nous offre un voyage culinaire à Cotonou à travers son second livre de recettes publié aux Éditions Ducasse. Elle rend hommage à la ville de son enfance, mêlant traditions familiales et street-food, tout en partageant les délices de son enfance accompagnés d'un magnifique florilège de photos prises au Bénin.
Un projet cher à son cœur
Madame Figaro. – Pourquoi avez-vous décidé de rassembler les recettes de votre enfance dans ce livre ?
Georgiana Viou. - Depuis des années, cette idée me trottait dans la tête. En arrivant en France pour mes études, j'ai commencé à cuisiner et souvent, je sollicité ma mère pour la guider. J'avais un désir de reproduire nos recettes familiales, mais je me rendais compte que notre tradition culinaire se transmettait oralement. Avec le décès de ma grand-mère, il m'a semblé crucial de formaliser ce projet. L'an dernier, lorsque le président Macron a lancé « l'année de l'Afrique », j'ai pensé que le moment était enfin venu.
L'héritage familial au cœur de sa passion
Ma grand-mère tenait une société d'import-export et organisait souvent de grands repas chez elle. Elle insistait pour que chaque membre de la famille sache cuisiner, car pour elle, la cuisine était un art collectif. Ce fut une véritable école de la vie.
Comment vous êtes-vous tournée vers la cuisine professionnelle ?
Tout a commencé avec un concours de cuisine amateur recommandé par un ami, il y a plus de dix ans. Bien que ma carrière initiale ait été orientée vers l'interprétariat, j'ai toujours été passionnée par la cuisine. Après ma participation à « Masterchef » et des stages à Paris, j'ai ouvert un atelier de cuisine à Marseille, où j'ai pu partager ma passion.
Une cuisine en constante évolution
Comment décririez-vous votre style culinaire ?
Je préfère éviter le terme « signature » ! Ma cuisine est dynamique, elle évolue avec les saisons et mes envies. Je privilégie une approche instinctive et personnelle, influencée par les rencontres, les découvertes lors de mes voyages et les souvenirs qui ressurgissent à travers mes plats. Écrire un livre de recettes a été un défi pour moi, car je ne suis jamais les recettes à la lettre ; je privilégie l'état d'esprit du cuisinier plutôt que des instructions rigides.
Quelle est votre vision de la cuisine à Marseille ?
C'est un véritable carrefour des saveurs, ancré dans la mer, avec une richesse culinaire qui va bien au-delà de la bouillabaisse. Mon expérience à Marseille est profondément connectée à mes racines béninoises, enrichissant mes créations culinaires.
Que représente pour vous ce livre ?
C'est avant tout une ode à ma culture béninoise. Bien que je ne me définisse pas comme une cheffe spécialisée dans la cuisine de mon pays, je voulais laisser une trace de notre riche histoire culinaire. Ce livre contribue à accommoder la perception de la cuisine africaine, montrant sa diversité et sa complexité. Mon souhait serait que mes lecteurs aient envie de découvrir Cotonou au travers de mes recettes.
(1) Le Goût de Cotonou, ma cuisine du Bénin, de Georgiana Viou, Éd. Alain Ducasse, 249 pages, 28,90€.







