Les océans, bien que couvrant la majorité de notre planète, sont souvent oubliés, alors qu'ils sont essentiels à notre équilibre écologique. Malheureusement, 90 % des stocks de poissons sont aujourd'hui exploités à leur maximum, sinon surexploités. La surpêche constitue une menace directe pour la survie de nombreuses espèces et perturbe les écosystèmes marins, certaines pratiques étant particulièrement nocives.
Il n’est pas nécessaire de condamner la pêche dans ses fondements. Cependant, une pêche durable, respectueuse de l'environnement et des espèces menacées, est cruciale pour éviter leur extinction et protéger les fonds marins des techniques destructrices. Cela requiert une pêche sélective, le respect des quotas et une traçabilité rigoureuse. Les pêcheurs artisanaux se fixent généralement des normes plus élevées en matière de durabilité. Dans ce cadre, voici des conseils pour choisir du poisson durable, que ce soit au supermarché ou chez votre poissonnier.
Les bonnes et mauvaises espèces à consommer
Il existe des espèces plus sensibles aux ravages de la surpêche, comme le thon rouge, qui est bien connu comme une espèce en danger. D'autres, en revanche, se reproduisent à un rythme suffisant et subissent une pression de pêche moindre.
Pour un choix bon marché et éthique, commencez par éviter les espèces menacées: en plus du thon rouge, des variétés populaires telles que le saumon et le cabillaud figurent sur cette liste. En revanche, laissez-vous tenter par des petits poissons, comme les sardines, anchois ou maquereaux, qui sont plus féconds et se reproduisent efficacement. En optant pour des poissons moins prisés, comme la vieille ou la plie, vous soutiendrez les pêcheurs locaux.
Méfiez-vous également des poissons des grands fonds, tels que le colin d’Alaska, car les techniques de pêche utilisées peuvent détruire les fonds marins et nuire aux écosystèmes marins fragiles, qui ne peuvent pas supporter une pression de pêche accrue.
Favoriser le local et respecter la saisonnalité
En matière de durabilité, privilégier les produits locaux sur les importations est généralement préférable. Cependant, la transparence sur l'origine des poissons fait souvent défaut dans le domaine de la pêche. Recherchez la certification Pavillon France, qui garantit que le produit est issu de la pêche française — bien que cela ne signifie pas nécessairement qu'il provienne d'une zone de pêche locale.
Il est également essentiel de prendre en compte la saisonnalité. Comme pour les fruits et légumes, le moment de la pêche peut avoir un impact sur la survie des espèces. Par exemple, évitez le bar en hiver, période de reproduction appelée « période de frai ».
Vérifier la méthode de pêche et se fier aux labels
La méthode de pêche devrait également influencer votre choix. Évitez le chalut de fond, qui a des conséquences dévastatrices sur les fonds marins. Optez plutôt pour des techniques plus sélectives, comme la ligne ou le casier, qui favorisent la pêche locale.
Concernant les labels, il est important de se rappeler que chaque certification a ses propres exigences. Les labels Pêche Durable et MSC (Marine Stewardship Council) sont des marques communes, mais leur pertinence en matière de durabilité est parfois remise en question par des organes comme WWF. Cependant, un poisson labellisé est souvent un choix plus sûr que des produits sans label.
Attention également à la pêche d'élevage, qui peut engendrer ses propres problématiques écologiques, comme l'usage d'antibiotiques et l'alimentation à base de poissons sauvages, ce qui peut déséquilibrer les écosystèmes marins. L'élevage n'est donc pas toujours l'alternative durable escomptée.
Questions à poser à votre poissonnier
Enfin, n'hésitez pas à poser des questions à votre poissonnier. Un bon professionnel pourra vous renseigner sur la méthode de pêche, l'origine du poisson, ainsi que la saisonnalité. Pour des choix plus responsables, considérez également des services comme Poiscaille, qui promeut une pêche durable le long des côtes françaises.







