Dans un contexte où les édulcorants sont de plus en plus remis en question, la diététicienne Marie-Laure André nous partage son expertise sur leur consommation.
Les édulcorants font leur apparition dans nos aliments depuis les années 1980, séduisant ceux qui cherchent à perdre du poids ou à contrôler leur taux de sucre sanguin. Cependant, de nombreuses études récentes ont suscité des doutes quant à leur innocuité.
L'aspartame, un édulcorant controversé
Classé par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) comme "peut-être cancérogène pour l'homme", l'aspartame est au cœur des inquiétudes. Des recherches ont mis en évidence des liens possibles entre sa consommation et certains cancers, notamment ceux du foie. En mars 2022, une étude française mentionnait que les consommateurs réguliers d'aspartame, d'acésulfame-K et de sucralose présentent un risque accru de maladies cardiovasculaires.
Les édulcorants et le contrôle du poids
Malgré leur absence de calories, l'Organisation mondiale de la santé a confirmé en mai dernier que les édulcorants n'offrent aucun bénéfice à long terme pour la réduction des graisses corporelles. Les études de l'Anses vont dans le même sens, indiquant un manque de preuve quant à leur efficacité dans le contrôle du poids.
La diététicienne souligne que cette illusion d'inoffensivité amène souvent les consommateurs à compenser : "Si c'est un produit light, je peux en prendre plus". De plus, les effets sur le microbiote intestinal et les signaux envoyés par le cerveau sont préoccupants, menaçant d'accroître les envies de sucré.
Consommation prudente
Faut-il craindre les édulcorants ? Marie-Laure André rassure : "Une consommation occasionnelle est sans danger". Ces substances sont rigoureusement étudiées avant leur mise sur le marché, et l'Autorité européenne de sécurité des aliments définit des doses journalières admissibles. Cependant, la diététicienne encourage à réduire la consommation de sucre pour habituer le palais et privilégier des alternatives avec un index glycémique bas, comme le miel d'acacia ou le sucre de coco.
Quant à la stévia, bien qu'elle soit perçue comme une option plus naturelle, il est important de nuancer : ses extraits sont chimiquement obtenus et peuvent également influencer nos envies alimentaires.







