Le docteur Federica Amati, une nutritionniste renommée travaillant pour la société ZOE et chercheuse à l'Imperial College de Londres, met en lumière les dangers des aliments ultra-transformés, souvent présentés comme des choix sains. Selon elle, "les consommateurs se laissent facilement berner par des produits qui semblent bénéfiques, alors que ce n'est pas nécessairement le cas". La nutritionniste incite à développer une capacité à identifier les produits prétendument sains, mais qui regorgent d'additifs.
les pains soi-disant sains : attention aux faux amis
Elle évoque en particulier les céréales pour le petit-déjeuner, en dressant un carton rouge aux célèbres Kellogg's Special K, qu'elle considère comme à éviter absolument. "Les aliments ultra-transformés nuisent non seulement à la santé, mais ils remplacent aussi des aliments plus naturels, ce qui est préoccupant. Plus nous consommons ces produits, moins nous intégrons d'aliments entiers dans notre alimentation", souligne-t-elle lors d'une interview avec le Times.
Ces aliments souvent riches en graisses ajoutées, en sucre et en sel, sont rares en fibres et en protéines. Ils contiennent aussi divers additifs comme des émulsifiants, des édulcorants, et des conservateurs. Leur consommation excessive est liée à un risque accru de maladies graves comme le cancer, le diabète de type 2 et certains troubles de la santé mentale.
En ce qui concerne le pain, le docteur Amati préconise de privilégier les variétés contenant au moins 6 grammes de fibres par 100 grammes, tout en contenant moins de 5 grammes de sucre. Les pains de seigle, de lin, d'épeautre et de sarrasin représentent de bien meilleures options.
collations : danger des produits transformés
Au-delà du petit-déjeuner, elle met également en garde contre certaines collations dites nutritionnelles. Par exemple, les chips de lentilles et de houmous sont souvent de véritables aliments ultra-transformés, intégrant divers ingrédients industriels, tout comme les chips de légumes. Pour un encas plus sain, elle conseille des alternatives riches en fibres, comme le pop-corn légèrement salé, les pois chiches grillés ou les algues, qui fournissent également de l'iode et de la vitamine B12.
Des barres de muesli et des barres protéinées, souvent perçues comme de bonnes options, sont fréquemment truffées de sucres et d'additifs. En comparaison, les noix se révèlent être une excellente alternative, offrant une satiété durable grâce à leur teneur en fibres et protéines.
retours aux fondamentaux : miser sur les aliments entiers
Pour optimiser son alimentation, le docteur Amati suggère d'augmenter la consommation d'aliments bruts et non transformés. "Concentrez-vous sur des aliments entiers comme source principale d'énergie. L'intégration de plus de noix, de graines, de céréales complètes, de légumineuses, de bonnes graisses et de fruits frais améliorera considérablement votre santé, même avec une consommation occasionnelle d'aliments ultra-transformés", assure-t-elle.
L'apport en fibres est crucial : tandis que l'Anses recommande 30 g par jour, peu de gens parviennent à atteindre les 20 g. Une simple augmentation de 5 g par jour peut avoir des bénéfices notables sur le système immunitaire et contribuer à réduire l'hypertension.
Enfin, le docteur Amati alerte sur certains émulsifiants courants dans les aliments ultra-transformés. Par exemple, la carboxyméthylcellulose, présente dans les produits de boulangerie, peut altérer le microbiote intestinal et favoriser l'inflammation. Les carraghénanes, présents dans certains produits laitiers, ainsi que les diglycérides d'acides gras, sont également à proscrire en raison de leur lien avec un risque accru de cancers.







