Ces escrocs parcourent le territoire français, vendant des fruits et légumes à des prix exorbitants. L'UFC-Que Choisir dénonce cette pratique illégale.
"À 80 ans, je n’avais pas réalisé à temps que j'étais victime d'une escroquerie." "Nous avons fait face à des pratiques commerciales trompeuses et payé une facture excessive de 1143,80 euros." Ces témoignages illustrent une préoccupation croissante pour l'association, qui a identifié une nouvelle vague d'escroqueries. Contrairement aux méthodes habituelles par SMS ou mail, cette arnaque se présente littéralement à votre porte. Les fraudeurs frappent directement chez vous, emportant des centaines d'euros en un temps record. Leur cible ? Les personnes vulnérables, souvent des retraités ou des isolés. Voici comment ils opèrent...
Un scénario bien orchestré
Les arnaqueurs arrivent en groupe, généralement en fourgonnette. Après avoir sonné, ils se présentent comme des producteurs de fruits et légumes, prétendument installés en Bretagne ou en Normandie. Leur argumentation repose sur une prétendue méthode de maraîchage local, bio ou en permaculture. Avant même que vous ayez le temps de réagir, ils déchargent leurs marchandises dans votre garage et vous présentent une facture, difficilement lisible, s'élevant à des montants astronomiques, bien supérieurs à ce que vous auriez voulu dépenser. "Les clients hésitent à se rétracter et finissent par s'acquitter du montant, à contrecoeur", explique l'UFC-Que Choisir. Madame M., résidente du Maine-et-Loire, relate : "Vocabulaire rapide, mensonges, déchargement impromptu et encaissement immédiat par carte bancaire…" Elle a ainsi payé 1143,80 euros pour plus de 200 kg de fruits et légumes dont elle n'avait même pas besoin.
Une fausse étiquette
En réalité, ces escrocs écoulent des produits dont l'origine est douteuse, souvent à des prix adaptés à leurs intérêts. À une autre victime du Val d’Oise, ils affirment travailler pour un producteur normand, accompagnés d'une facture portant le tampon de "Terroirs de la table". Après vérification, il s'avère que cette entité n'est qu'un grossiste, rendant impossible la traçabilité des produits, certains d'entre eux montrant des signes de détérioration rapide, en contradiction avec les affirmations de ces faux agriculteurs.
Comment se protéger
L'UFC-Que Choisir rappelle que "ces faux primeurs violent leurs obligations d'affichage, notamment en ce qui concerne les prix, la variété, et l'origine des produits". Cette pratique, totalement illégale, peut entraîner jusqu'à deux ans de prison et des amendes de 300.000 euros. Pour éviter cette arnaque, il est conseillé de "vérifier l'identité du vendeur ambulant, demander un devis et refuser tout paiement immédiat."







